En vidéo : l'abribus signé Philippe Starck à Nîmes, vu du ciel
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Culture
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Patrimoine
Vue du ciel, l'évocation d'un crocodile stylisé, au pied du palmier, se fait plus lisible... Les armoiries de Nîmes sont bien là.
Nouvel épisode de notre série de vidéos “vu du ciel”. Un épisode un peu insolite : gros plan sur l'oeuvre de mobilier urbain créée en 1987 par le célèbre designer français que les Nîmois nomment parfois le “Starckophage”.
L’année d’avant, il avait revisité le blason historique de la ville, tout en conservant les éléments historiques : palmier et crocodile enchaîné version modernisée s’affichent désormais partout à Nîmes. En 1987, Philippe Starck est à nouveau sollicité par le Maire d’alors, Jean Bousquet, féru d’art contemporain, pour imaginer un abribus remarquable en haut de l’avenue Carnot. Un abribus qui, lui aussi, évoquerait les armoiries de Nîmes.
Le designer français à l’aura internationale signe alors un élément de mobilier urbain à la fois fonctionnel et audacieux qui réussit le lien entre histoire et urbanisme contemporain. Au centre des deux voies de circulation, le palmier est bien là, en lui-même (un nouveau spécimen est venu remplacer l’ancien, victime du charançon rouge, en avril 2024).
Le saurien, lui, y est évoqué de manière plus abstraite. Son corps est symbolisé par le grand cube reposant sur quatre sommets (qui sert d’abri contre la pluie) et la queue et le cou sont représentés par une ligne courbe de cubes au sol. Graphique mais à la fois un tantinet austère, le tout étant fait d’un marbre sombre qui a rapidement valu à l’œuvre d’être rebaptisé « le Starckophage » par ses détracteurs…
Philippe Starck a dessiné également les bancs en fonte d’aluminium ainsi que l’éclairage qui entourent les platanes le long de l’avenue.
Un dialogue millénaire complété par le nouveau Centre des congrès
Nîmes est depuis l’Antiquité une cité de bâtisseurs. Vingt siècles après les constructeurs romains et leurs merveilles éternelles (Maison Carrée, arènes…), les plus grands artistes et architectes d’aujourd’hui ont inscrit leur passage dans la trame urbaine de la ville : patrimoine antique et patrimoine contemporain se font face dans un dialogue temporel fascinant, complété voilà tout juste quelques semaines par l’avènement du Centre des congrès h2, à quelques décamètres seulement de l’amphithéâtre.
Nîmes, terre de l'audace architecturale…
Parmi les créateurs prestigieux qui ont laissé leur empreinte dans l’environnement nîmois : Elizabeth de Portzamparc et son Musée de la Romanité (2018), Martial Raysse et la fontaine de la place du Marché (1987) ou encore la place d’Assas (1988), Sir Norman Foster avec le Carré d’art Jean Bousquet (1993), Jean Nouvel et ses HLM Nemausus (1986), Kisho Kurokawa, créateur du Colisée (1989), Rudy Ricciotti et la Maison départementale (2020 ; et aussi le futur conservatoire à horizon 2029) ou encore le designer Michel Wilmotte, qui a participé à la rénovation de l'Hôtel de ville, du musée des Beaux-arts, des Halles ou au vaste chantier de réaménagement de l'avenue Jean-Jaurès et qui vient d’être retenu pour la future fondation Claude-Viallat, dans la chapelle Saint-Joseph.