Dans ma rue : à la découverte de l'avenue Carnot à Nîmes

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Publié le 08 février 2026 Podcast

Par Yann Benoit et Théo Lévy-Kolpak


Le quartier autour de l’avenue Carnot à Nîmes s’est développé dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en lien avec l’essor du chemin de fer et la proximité de la gare.

L’avenue Carnot à Nîmes rassemble des joyaux architecturaux du patrimoine des faubourgs nîmois. Au fil du temps, elle n’a rien perdu de son dynamisme et compte plusieurs restaurants, commerces de proximité mais aussi une école élémentaire qui accueille 126 écoliers nîmois. Des boutiques historiques comme le magasin Ampl-hifi, ouvert en 1980, ou encore le magasin de pièces et fournitures automobiles Spca, installé au début de l’avenue depuis 1941, n’ont pas pris une ride.

A écouter

Du Vistre à l'avenue

Le quartier Carnot est longtemps marqué par la présence du Vistre qui traversait des zones de champs et de jardins irrigués, avant de rejoindre la plaine. La toponymie des rues garde encore la trace de ce passé. En 1776, un quai est construit pour canaliser le Vistre : il prend le nom du propriétaire d’un grand nombre de terrains situés dans ce quartier, Monsieur Roussy. Le long du quai Roussy, on trouve, encore au XIX e siècle, de nombreux corroyeurs travaillant le cuir et un grand lavoir près de la rue Notre-Dame, construit en 1849. Les nuisances liées à la présence des eaux de corroyage retardent les constructions de belles maisons qui s’implantent d’abord côté ouest de la gare. Lorsque le Vistre est couvert, d’abord jusqu’à la rue Pradier en 1868 puis jusqu’au viaduc en 1881, une belle avenue voit le jour qui prend le nom en 1894 d’avenue Carnot en mémoire du président de la République Sadi Carnot, assassiné cette année-là.

L’hôtel Milliarède ou la Maison de Sophie

L’architecte est Louis Pinsot. Il signe ici une maison bourgeoise qui occupe une place importante dans son œuvre, traitée avec une véritable esthétique. La maison, entièrement en pierre de taille, présente un grand intérêt architectural. Les deux façades sont assez différentes mais en harmonie. Celle sur le jardin montre une belle ordonnance classique tandis que celle sur l’avenue Carnot est plus éclectique et marquée par une influence Art nouveau. L’intérieur est resté dans son décor du début du XXe siècle, proposant un grand raffinement. On peut admirer l’entrée, tapissée d’un stuc magnifique qui imite parfaitement le marbre et mène, entre deux colonnes, vers une montée d’escalier élégante décorée de vitraux Art nouveau aux motifs fleuris.

Le "Starckophage"

En 1985, Jean Bousquet, Maire à l’époque, propose une déclinaison moderne des armoiries de la ville. Il fait alors appel au célèbre designer Philippe Starck. Ce dernier, en 1987, crée pour l’avenue Carnot un abribus en marbre sombre, interprétation très contemporaine du crocodile et du palmier : le "Starckophage", comme le surnommeront rapidement les Nîmois. Le mobilier urbain dessine la forme d’un crocodile au sol. Il fait face à un palmier, remplacé en 2024.

On a rencontré… 

Sophie Rigon – N°31

Sophie est la propriétaire de l’hôtel Milliarède, connu aujourd’hui comme un hôtel de charme appelé la Maison de Sophie. “La bâtisse, inscrite au titre des monuments historiques, a été construite au début du XX e siècle entre 1900 et 1907. Elle portait le nom de son commanditaire et premier propriétaire. Milliarède, avocat et fils d’un riche taffetassier, qui possédait une entreprise textile. Cet homme de loi, grand voyageur, était fasciné par l’architecture italienne dont on retrouve de nombreuses inspirations dans cette maison. J'ai tout fait pour meubler et préserver ce style Art nouveau.” Sophie est également réputée à Nîmes pour son lien avec le monde du cinéma. Organisatrice du festival de cinéma Un réalisateur dans la ville aux Jardins de la Fontaine, depuis plus de 20 ans, elle accueille régulièrement des acteurs et des célébrités dans son hôtel. "Carole Bouquet, Claude Chabrol, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, ou encore Claude Lelouch ont séjourné ici."

hotel-nimes-gard.com

Antoire Chaparra – N°38

Antoine, 58 ans, est boulanger et créateur de la Fougasse d’Uzès, une entreprise familiale née en 2015. Il a ouvert une nouvelle boutique en avril dernier dans un local de 150 m², à Nîmes cette fois, avenue Carnot. “J’ai été étonné par le dynamisme de ce quartier, on a beaucoup d’habitués. On profite évidemment de notre renommée et on attire les curieux.” Élue meilleure boulangerie de France dans l’émission TV de M6 en 2018, la Fougasse d’Uzès s’efforce de remettre ce trésor du Gard au goût du jour avec une gamme large, le tout confectionné avec de la farine du département et des produits locaux. “On essaie de changer les habitudes des gens, avec des recettes originales, pour que les clients consomment la fougasse autrement, à l’apéritif ou au goûter.” Parmi ces dernières : chorizo, gratons, olives, lardons, anchois, roquefort, velouté de tomate, tapenade, brandade et savoyarde. La fougasse se déguste aussi sucrée avec celle d’Aigues-Mortes.

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Elisa Biscuit – N°42

Élisa, handballeuse, est la patronne de Poum and Cow, un restaurant connu pour ses assiettes généreuses, son ambiance conviviale, familiale et sportive. “La carte fait un clin d’œil au rugby, avec un large choix de burgers qui portent tous des noms en rapport avec le ballon ovale. On accueille régulièrement des joueurs de l’Usam ou du RCN, ce sont des habitués.” Ouvert en 2015 par Mathias Aknin, Poum and Cow fait la part belle à la viande, tout droit venue d’Aubrac, et à la cuisine maison avec notamment un tartare délicieux. “On a une clientèle très sympathique, qui participe grandement à l’ambiance “bonne franquette” du restaurant. C’est un quartier très agréable à vivre avec des commerces de qualité. Les gens prennent du plaisir à venir avenue Carnot.”

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