Visite d'Halloween : Nîmes c'est monstrueux
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Célèbre pour sa frise romane relatant des scènes de l’Ancien Testament, la cathédrale de Nîmes recèle aussi d’étranges créatures, comme ces dragons aux museaux allongés. Ces gargouilles ont bien sûr une fonction pratique puisqu’elles permettent l’évacuation des eaux de pluie.
Dans le centre-ville de Nîmes, de nombreuses façades ont été décorées d’animaux fantastiques, d’êtres imaginaires ou de personnages grotesques… Pour le 31 octobre, l’Office de tourisme propose une visite guidée pour les débusquer.
Des gargouilles de la cathédrale au bestiaire de la maison romane, rue de la Madeleine, en passant par l’étrange divinité antique à quatre jambes près du Palais de justice… Nîmes recèle de nombreuses figures fantastiques sculptées dans la pierre. Pour Halloween, l’Office de tourisme propose, samedi 31 octobre, une visite guidée à la découverte de ces créatures parfois inquiétantes, souvent insolites.
“Créée spécialement pour cette fête, cette visite traverse les époques, de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle”, explique Sophie Wildbolz, guide-conférencière. Une manière originale de lever les yeux et de découvrir un autre visage du patrimoine nîmois.
L’homme aux quatre jambes
Rue de l’Aspic, dans un renfoncement vers le Palais de justice, juste à côté du magasin Auday musique, un étrange gardien observe les passants : l’homme aux quatre jambes.
De près, l’assemblage surprend. Sa tête masculine barbue, qui évoque selon la guide Sophie Wildbolz “une divinité des eaux”, repose sur une base de colonne. Deux paires de jambes, probablement issues de cariatides - des statues de femmes servant de support architectural - complètent cette curieuse figure. Les sculptures dateraient de l’Antiquité, peut-être du Ier siècle, avant d’avoir été réunies au Moyen Âge pour former cet étonnant personnage.
Tableau de chasse
Si les Nîmois connaissent bien le Jacquemard, qui sonne toutes les heures place de l’Hôtel de Ville, ont-ils déjà remarqué les figures animalières qui ornent la même façade ? “On compte deux chiens de chasse, un renard, un sanglier. Si le Jacquemard rappelle l’horloger qui était autrefois installé ici, ces sculptures animalières sévères font référence à une armurerie qui occupait également le bâtiment vers 1880.”
Le bestiaire de la maison romane
Un lion bizarre qui tire la langue, un homme en slip aux yeux exorbités, un petit singe à la tête retournée… La frise de la maison romane, au 1, rue de la Madeleine, est sans doute l’une des plus surprenantes de Nîmes.
Édifié au XIIe siècle et inscrit au titre des monuments historiques depuis 1939, l’édifice réserve bien des curiosités. “Contrairement aux idées reçues, le Moyen Âge n’était pas une époque austère. Ces sculptures témoignent au contraire d’une véritable liberté créative. Regardez, par exemple, ces colonnes qui semblent sortir de la bouche d’un animal à moustaches !”, souligne Sophie Wildbolz.
Sur la même façade, un médaillon attire également le regard : un visage aux yeux exorbités d’où s’échappent deux serpents la bouche. De quoi laisser perplexe… et donner envie de lever les yeux.