"L'Assomption", tableau monumental, a retrouvé sa place dans la cathédrale de Nîmes

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Publié le 04 septembre 2026 Article

Par Mathieu Lagouanère


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Le tableau à l'horizontal, au sol, avant son installation sur un côté du chœur de la cathédrale de Nîmes.

Ce jeudi 3 septembre, L'Assomption de la Vierge, l'œuvre exceptionnelle du peintre du XVIIe siècle Nicolas Mignard, a retrouvé le chœur de Notre-Dame et Saint-Castor, 166 ans après l’avoir quitté. Dernier épisode d'une histoire particulièrement mouvementée.

C’est un morceau à la fois de l’histoire locale, mais aussi de la grande Histoire, qui vient d’être hissé, ce jeudi après-midi, dans la cathédrale de Nîmes. Et un sacré morceau, pour le coup : près de 5,5 m de haut sur 3,75 m de large, soit plus de 20m2 ; les dimensions d’un confortable T1 parisien. Exceptionnel pour un tableau qui ne l’est pas moins.

L'Assomption de la Vierge, c’est le nom de cette œuvre monumentale, retrouve donc le chœur de Notre-Dame et Saint-Castor précisément 166 ans après l’avoir quitté. Commandée en 1645 par les chanoines de Nîmes pour orner le maître-autel de la cathédrale, cette toile est l’œuvre de Nicolas Mignard, futur premier peintre du Louis XIV et portraitiste d’un certain Molière, entre autres.

Descendu et foulé aux pieds au moment de la Révolution, le tableau attend 1860 pour connaître une première restauration ; il trouve alors place dans l’escalier de l’évêché (l’actuel musée du Vieux-Nîmes) jusque dans les années 80. En 1913, il est classé au titre des monuments historiques.

En 1987, lors d’un incendie de toiture, Vierge, anges et apôtres subissent les affres de l’eau, celle des pompiers. La peinture est alors décrochée, roulée et rangée dans les réserves de la Ville. Et oubliée. L’ancien conservateur du musée des Beaux-arts la redécouvre en 2008 et, après rédaction d’un constat d’état, la place sous protection.

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Les opérations de hissage du tableau : "l'Assomption" prend à nouveau de la hauteur.

Cela ne suffit pas : un tel trésor mérite d’être montré à nouveau et, pour cela, d’être remis en état. La ville de Nîmes fait transporter L'Assomption de la Vierge à Marseille, au Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) et finance, avec le concours de l’Etat, propriétaire de l’œuvre, une étude qui dure deux années, en 2014 et 2015, avec l’usage des moyens scientifiques les plus modernes pour lire à travers les dégradations et sous les couches.

“Ce tableau a une histoire mouvementée"

La restauration débute finalement au printemps 2022, elle court jusqu’en décembre 2025 (pour un montant total de l’opération de 400 000 €, dont 230 000 € de travaux de restauration à proprement parler).

“Ce tableau a une histoire excessivement mouvementée, souligne Marina Weissman, qui a piloté les opérations, à la tête d'un groupement de sept conservateurs-restaurateurs spécialisés. La restauration du XIXe a consisté à « tartiner » le bas de l’œuvre, avec l’application d’une importante couche de céruse : nous avons été obligés de conserver et de composer avec un certain nombre d’interventions irréversibles. Mais toute la partie haute du tableau, dans les deux-tiers supérieurs, ce n’est quasiment que du Mignard XVIIe siècle.”

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Marina Weissman a piloté les opérations, à la tête d'un groupement de sept conservateurs-restaurateurs spécialisés.

Durant les plus de dix ans d’études et de travail, un comité scientifique, réuni tous les six mois et composé de personnalités et universitaires spécialistes dans l’histoire de la peinture du XVIIe, des conservateurs responsables de l’œuvre, d’ingénieurs du CICRP de Marseille et de l’ensemble des conservateurs-restaurateurs en charge des travaux, a validé les différentes étapes cruciales du chantier et garanti que les choix initiaux seront poursuivis ou adaptés tout au long de cette opération longue et complexe.

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Au moment de l'installation du tableau.

Une opération réclamant une logistique importante, en raison de la taille du tableau ("un monstre", dixit un représentant de la Drac) : échafaudages, lumières, conditions climatiques particulières…

Nous faisons un métier souvent émouvant, glisse Marina Weissman. Mais là, c’est quand même très particulier. Après avoir travaillé durant autant d’années, et en équipe, sur un chantier d’une telle ampleur, ça fait vraiment quelque chose de voir cette œuvre d’art retrouver près de quatre siècles après sa création, la place qui est la sienne.”