Kheloufi Aguili : "Dans Sola , Nîmes est un personnage du film"
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Culture
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Nîmois c’est vous
Le réalisateur nîmois Kheloufi Aguili vient de terminer son premier long-métrage. En quête de distributeurs, il espère intégrer la sélection des festivals de cinéma, à commencer par Cannes.
Bio express
52 ans
Né à Oran, arrivé à Nîmes à l’âge de trois mois
Enfance à Pissevin
En cours de finalisation : un documentaire sur la « bike life », le monde de la moto
Comment en êtes-vous arrivé à la réalisation de Sola, votre premier long-métrage ?
J’ai commencé par la musique, avec un groupe de rap. Nous réalisions nos propres clips, c’est comme ça que je me suis intéressé à l’image, en autodidacte. J’ai ensuite tourné des courts-métrages puis, en 2017, j’ai écrit le scénario du docu-fiction Prêcheur de lune, qui évoquait la question du djihadisme chez les jeunes de Lunel et qui a eu des retombées nationales. Plus tard, après d’autres projets et le Covid, il y a eu la web série Memento Mori, intégralement tournée à Nîmes, qui cumule plus de 500 000 vues. Ce film, Sola, s’inscrit dans la continuité de cette série et évoque les mêmes thèmes.
Justement, de quoi parle le film ?
C’est un film de vengeance. Celle d’un homme droit et respecté qui bascule quand sa femme et sa fille sont tuées dans une guerre mafieuse déclenchée par son propre frère. Sola parle d’une réalité sociale, le narcotrafic, mais l’objectif est d’abord de faire réfléchir sur le banditisme et sur toutes ces vies gâchées qu’il entraîne.
“Nous avons tourné quasi intégralement à Nîmes”
Comment s’est passé le tournage ?
Il a duré plus de six mois, et s’est terminé l’été dernier. Nous avons tourné quasi intégralement à Nîmes, avec des scènes au CHU, aux arènes, devant la Maison Carrée comme à Pissevin ou Valdegour. On met en valeur la ville, c’est aussi le but recherché. Mieux que ça : Nîmes est un personnage du film, avec son patrimoine, ses quartiers, sa diversité. Au total, plus d’une centaine de personnes ont été impliquées dans le tournage. Autant d’énergies positives qui ont cru au projet : acteurs et techniciens ne seront rétribués que lorsque le film sera vendu… On y a tous mis nos tripes et c’est pour ça que ce film a une âme. Je suis certain que ça va se sentir, que ça va toucher du monde.
Où sera-t-il visible ?
Notre souhait, c’est qu’il vive en salles, il est pensé pour ça. On vient tout juste de terminer le montage et la post-production, on recherche un distributeur. On y croit énormément. On va candidater à la sélection officielle à Cannes, puis essayer de le présenter dans d’autres festivals.