En vidéo : la mairie de Nîmes à travers les siècles
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Patrimoine
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Vie municipale
Détail de la porte de l’Hôtel de Ville datant de 1840.
Symbole du pouvoir municipal, l’Hôtel de Ville de Nîmes n’a pas toujours été là où on le connaît. Son histoire commence place de l’Horloge, se poursuit dans l’ancienne trésorerie royale et traverse les siècles jusqu’aux restaurations modernes. Retrouvez notre vidéo dédiée à son histoire.
L'Hôtel de Ville de Nîmes n’a pas toujours occupé son emplacement actuel. Les premières traces d’une forme d’administration municipale se situent autour de la place de l’Horloge. À l’époque médiévale, cet espace ne portait pas encore ce nom : il s’agissait de la rue de la Maison de Ville, une appellation révélatrice de sa fonction politique.
C’est en effet dans ce secteur que s’organise dès le XVe siècle le pouvoir communal, autour de la Maison des Consuls. Les Consuls, ancêtres des élus actuels, constituent alors l’autorité juridique et politique de la cité. Choisis parmi les membres de la société civile, ils disposent de compétences essentielles à la vie urbaine : gestion des remparts, assainissement des eaux ou encore administration des affaires municipales. Ils siègent et travaillent dans la Maison des Consuls, adossée à la tour de l’Horloge.
Découvrez notre vidéo dédiée à l'histoire de Hôtel de Ville de Nîmes :
Au XIXe siècle, la place de l’Horloge est concernée par les grandes transformations urbaines inspirées des percées haussmanniennes. Lors de ces travaux, cet ancêtre de l’Hôtel de Ville, désaffecté depuis 1700, est détruit afin de dégager l’espace. Toutefois, face à la pression populaire, le conseil municipal renonce à la démolition de la tour de l’Horloge (qui est en réalité une reconstruction du XVIIIe siècle, succédant à une tour médiévale édifiée au début du XVe siècle), déjà perçue comme un symbole fort de l’histoire nîmoise.
Une représentation de l’enlumineur Ferdinand Pertus (1883-1948) de la tour de l’Horloge et de la supposée Maison consulaire, sorte d’ancienne Mairie, qui se trouvait entre la tour de l’Horloge et la façade qui prolonge le bistrot. L’image représente une scène de 1657 qui conte la révolte des Consuls contre le pouvoir royal.
© Ferdinand Pertus
L’Hôtel de Ville est alors transféré dans la trésorerie royale médiévale, lieu de gestion des biens, de perception des taxes et droits dépendants de la couronne. Un lieu racheté par les Consuls de Nîmes.
Cet événement marque l’installation de l’Hôtel de Ville à l’emplacement qu’il occupe encore aujourd’hui, bien que le bâtiment ait été considérablement agrandi au fil du temps. Dans son état primitif, cette trésorerie s’ouvre sur la place par une série d’arcades, sous le couvert desquelles les Consuls présentaient leurs requêtes au viguier (officier qui, par délégation d’un comte puis du roi, assumait des fonctions judiciaires). L’édifice est agrandi par l’architecte nîmois Jacques Cubizol (1639-1711). Ce dernier est aussi connu pour avoir travaillé sur la Chapelle des Jésuites et le fort Vauban. Entre 1836 et 1837, plusieurs améliorations aboutissent à une façade rénovée de 45 mètres de long. Le rez-de-chaussée rassemble : l’état-civil, les bureaux de logements militaires, la police, le corps de garde et les pompes à incendie. Au premier étage, se trouvent le conseil municipal, le tribunal de commerce, le cabinet du Maire et des Adjoints, et, au deuxième étage, les salles de justice de paix, les archives, les salles des prud’hommes.
Dans les années 1840, sous la municipalité de Ferdinand Girard, est installée la porte monumentale actuelle en bois, fer et fonte. D’autres embellissements sont apportés en 1851 et dans les années 1950.
Rue de la trésorerie, on retrouve un passage couvert qui remonte au XVe siècle. Au-dessus de ce passage, cette fenêtre en arc brisé. Le tympan est orné d’un écusson à fleurs de lys, emblème des rois de France. Vestige de la Trésorerie royale.
La patte Wilmotte
Dans les années 1986-1988, la Ville décide alors un important programme de réhabilitation pour redonner vie au bâtiment patrimonial. Jean-Michel Wilmotte, architecte de renommée internationale, est appelé pour diriger la restauration de l’intérieur du bâtiment.
Son intervention vise à redécouvrir et révéler les volumes historiques : il dégage notamment les pièces des faux plafonds et des cloisons parasites pour faire réapparaître les espaces d’origine. En 2017, un grand chantier de rénovation touche les cours de l’Hôtel de Ville mais aussi la rue de la Trésorerie avec notamment une réfection des revêtements de sol des cours intérieures et une mise en accessibilité pour les per sonnes à mobilité réduite.
Une rue et bien des noms
La rue de l’Hôtel de Ville portait autrefois le nom de rue de la Romaine. Cette appellation provenait de la présence, à proximité du marché couvert aujourd’hui disparu (actuelle place du Marché), du poids public ou poids « romaine ».
Cet équipement jouait un rôle essentiel dans le cadre de l’octroi, un impôt qui taxait les marchandises entrant dans les villages en fonction de leur poids. Par la suite, la voie prit le nom de rue des Orfèvres ou rue des Argentiers, voire des Joailliers, en raison de la forte concentration d’artisans et d’industriels spécialisés dans ce domaine qui s’y installèrent. Cette implantation s’explique notamment par la proximité de l’ancien Hôtel de la Monnaie et de la Trésorerie, situés à quelques pas seulement. L’appellation rue de l’Hôtel de ville s’établit donc vers 1700 quand l’immeuble de la trésorière fut cédé à la Ville. L’appellation fut officialisée en 1824.
Une carte postale de l’Hôtel de Ville en 1910.