Chancre coloré : cinq platanes impactés sur les quais de la Fontaine à Nîmes

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Publié le 28 novembre 2025 Article

Par la Rédaction


Le chancre coloré frappe de nouveau à Nîmes. La Ville est tenue, sur décision de l’État (DRAAF), d’abattre plusieurs platanes contaminés sur les quais de la Fontaine. Une mesure lourde, mais aujourd’hui la seule capable de freiner la propagation de cette maladie incurable, en forte expansion dans le Sud de la France.

Le chancre coloré : une maladie redoutée, sans remède

Le chancre coloré, causé par le champignon Ceratocystis platani, est une maladie grave qui touche exclusivement les platanes et entraîne leur dépérissement en quelques années. Classée « Organisme de quarantaine » au niveau européen, elle fait l’objet en France d’une lutte obligatoire encadrée par l’arrêté ministériel du 31 janvier 2025.
La maladie est aujourd’hui présente dans la majorité des départements du Sud, mais également dans d’autres régions, comme l’Île-de-France ou la Normandie. Plusieurs villes ont déjà été touchées, notamment Aix-en-Provence sur le Cours Mirabeau. En Occitanie, le canal du Midi, où des milliers d’arbres ont dû être abattus, en constitue l’exemple le plus emblématique.

Quatre platanes malades sur le quai de la Fontaine

Des prélèvements et inspections menés par la FREDON Occitanie (Organisme à Vocation Sanitaire (OVS) délégataire de missions de service public, chargé du volet santé des végétaux) et les services de l’État (SRAL – DRAAF) ont confirmé la contamination de plusieurs platanes entre la rue Rabaut-Saint-Étienne et l’avenue Jean-Jaurès. 

Ces quatre arbres doivent être impérativement dévitalisés et abattus d’ici la fin de l’année, ainsi qu’un cinquième, très proche des arbres malades et dont le risque d’être impacté rapidement est trop important, conformément à la législation.

Le début des abattages est prévu le lundi 15 décembre, de nuit (de 22h30 à 5h du matin), pour éviter une entrave à la circulation et devrait se poursuivre durant trois ou quatre nuits. 

Un abattage réglementaire pour protéger plus de 1 600 platanes à Nîmes

Afin d’endiguer la propagation du chancre coloré, la réglementation impose la dévitalisation puis l’abattage des arbres contaminés, ainsi que l’abattage préventif de tout platane situé dans un rayon de 35 mètres autour d’un sujet malade.
Sur le quai de la Fontaine, cette obligation concerne les cinq platanes impactés, mais, à terme, également 11 platanes sains situés dans le périmètre réglementaire, qui pourraient être abattus dans un second temps.

“La zone est pour l'instant limité à la rive sud du Canal de la Fontaine, explique Martin Strugarek, chef de l'unité Santé des végétaux de la Draaf. Si nous n'agissons pas, plus 80% des platanes alentour seraient contaminés en trois ans seulement.” 

La Ville de Nîmes, consciente de l’impact paysager et patrimonial de ces suppressions, se montre très réservée quant à l’abattage de ces 11 arbres encore sains. Néanmoins, si l’abattage est imposé par l’Etat et confirmé, il se fera de manière progressive:
• pour limiter les perturbations liées à un chantier nécessitant d’importantes coupures de circulation,
• pour préserver l’intégrité du Canal de la Fontaine, ouvrage du XVIIIᵉ siècle, qu’un déracinement massif et simultané pourrait fragiliser.

L’objectif est de sauvegarder plus de 200 platanes en périphérie du secteur, et plus de 1 600 sur l’ensemble du territoire nîmois. Une propagation incontrôlée entraînerait des abattages massifs, aux conséquences patrimoniales, paysagères et financières considérables.
Pour limiter les impacts racinaires, la Ville a opté pour une technique de carottage, plus coûteuse mais plus respectueuse des sols. Des mesures d’intervention très rigoureuses (protection des sols, désinfection des matériels, récupération des débris issus des abattages) permettront de limiter le risque de dissémination de la maladie.

Replanter, diversifier, renforcer le patrimoine arboré

La Ville de Nîmes, comme les Nîmois, est particulièrement attachée à son patrimoine arboré. Elle met tout en œuvre pour respecter les obligations sanitaires tout en préservant l’identité paysagère du quai de la Fontaine.
Les arbres seront progressivement remplacés. Les nouvelles plantations débuteront tout début 2026. La Ville s’engage à replanter des essences variées, de grande qualité, plus résistantes aux maladies et mieux adaptées aux changements climatiques : Févier d’Amérique, Chêne du Mexique, Chêne à feuilles de Châtaignier, Tilleul argenté, Sophora. Les arbres sélectionnés mesureront entre 6 et 8 mètres de haut et auront une circonférence de 30 à 35 cm. Agés de 15 à 25 ans, ils viennent d’une pépinière française.

Ces plantations permettront de diversifier le patrimoine arboré, d’en renforcer la résilience et d’assurer une intégration esthétique et patrimoniale du site. Ce chantier sensible est mené en lien étroit avec les services de l’État, dans l’intérêt de la sécurité végétale et du maintien durable du patrimoine arboré nîmois.

Budget global pour les 5 arbres : 41 795 € TTC

  • Abattages et carottage : 15 000 € TTC

  • Fourniture des arbres : 11 700 € TTC

  • Travaux de préparation et plantations : 15 095 € TTC