Après le 17 octobre : un rassemblement de solidarité devant la Mairie de Nîmes

  • Vie municipale


Publié le 19 octobre 2026 Article

Par la rédaction


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Le Maire de Nîmes Vincent Bouget : "Je veux également adresser un message de soutien aux commerçantes et aux commerçants nîmois qui ont subi des dégradations."

Répondant à l’appel de l’Association des maires de France, la Ville de Nîmes a invité les habitants à se rassembler ce lundi 19 octobre à midi, devant l’Hôtel de Ville. Un moment de solidarité envers les élus, les agents des services publics et les commerçants victimes de violences et de vandalisme.

Malgré une pluie battante, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, à midi, devant l'Hôtel de Ville. Un peu plus tôt dans la matinée, répondant à l'appel national lancé par e l’Association des maires de France, le Maire de Nîmes Vincent Bouget avait invité les habitants à se rassembler ce lundi 19 octobre : un moment de solidarité envers les élus, les agents des services publics et les commerçants victimes de violences et de vandalisme en marge des rassemblements du 17 octobre.

Le Maire, entouré de nombreux élus de sa majorité et en présence notamment du sénateur Denis Bouad, a pris la parole solennelement. Voici le texte intégral de son intervention.

"Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour dire notre attachement à la République, à ses institutions, aux libertés publiques et, au fond, à ce qui nous permet de vivre ensemble : la paix civile, le respect mutuel et la solidarité.

Je veux d’abord exprimer notre solidarité avec les maires, les élus, les agents municipaux et les habitants des villes durement touchées par les violences de ces derniers jours. Je pense notamment à Limoges, à Paris, à Lyon, à Marseille, à Lille, à Bordeaux, à Calais et à Grenoble.

Quand une mairie est incendiée, quand un bâtiment public est dégradé, c’est bien plus qu’un bâtiment qui est attaqué. C’est un lieu de service public, un bien commun, un symbole de notre démocratie locale. C’est la République au plus près des habitants qui est fragilisée. Et c’est je crois l’inverse de ce que demandent les centaines de milliers de manifestants pacifiques qui ont défilé et au-delà sans doute ce qu’attendent des millions de Français.

“Ces violences sont inacceptables”

Je veux également adresser un message de soutien aux commerçantes et aux commerçants nîmois qui ont subi des dégradations. Derrière chaque vitrine abîmée, chaque commerce touché, il y a des femmes et des hommes, du travail, des investissements, parfois toute une vie consacrée à faire vivre une activité. Ils ne doivent pas être les victimes de violences dont ils ne sont pas responsables. La Ville de Nîmes est à leurs côtés.

Ces violences et ces dégradations sont inacceptables. Elles doivent être condamnées sans ambiguïté et sanctionnées. On ne répare pas des injustices par d’autres injustices. La violence destructrice ne peut tenir lieu de revendication. 

Je veux le dire clairement : La République doit assurer la sécurité et la liberté de toutes et tous, des agents du service public, des commerçants, comme de celles et ceux qui manifestent pacifiquement. Et il ne suffit pas de le dire, il faut s’en donner les moyens.

Je veux tout aussi clairement affirmer une deuxième exigence : nous ne devons pas confondre ces actes avec le mouvement social qui traverse notre pays.

Ne confondons pas les casseurs avec celles et ceux qui manifestent pacifiquement. Ne confondons pas les dégradations avec les revendications. Ne confondons pas la colère sociale avec la violence.

Des jeunes, des salariés, des familles, des retraités expriment leurs inquiétudes, leurs difficultés et leurs espoirs. Beaucoup disent leur peur de l’avenir, leur difficulté à vivre dignement de leur travail, leur inquiétude face à la vie chère et leur sentiment de ne plus être entendus.

“Les revendications légitimes doivent trouver des réponses concrètes”

Ces femmes et ces hommes ont le droit d’être écoutés. Leurs revendications ne peuvent être effacées par les violences de quelques-uns.

Mais écouter ne suffit plus : les revendications légitimes de celles et ceux qui souffrent doivent trouver des réponses concrètes. Il faut des décisions sur le pouvoir d’achat, les salaires, les services publics, les conditions de vie et l’avenir de notre jeunesse.

On ne peut pas demander à nos concitoyens de retrouver confiance si leur quotidien ne change pas, si leurs difficultés restent sans réponse et si leur parole demeure sans effet.

La responsabilité des pouvoirs publics est de prendre la mesure de cette crise et d’y apporter des réponses à la hauteur. Car si la violence ne peut jamais être une réponse à l’injustice, l’injustice, elle non plus, ne peut rester sans réponse politique.

La paix ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se construit en protégeant les personnes, en faisant respecter les libertés, en refusant les violences, mais aussi en combattant les injustices et en redonnant à chacune et chacun des raisons de croire en l’avenir.

“Notre pays traverse une crise profonde”

C’est pourquoi j’appelle tous les responsables publics, à tous les niveaux, à ne pas se laisser guider par la peur. Dans ces moments difficiles, notre responsabilité est de garder la tête froide, de refuser les surenchères et de ne céder ni à la division ni à la tentation des réponses simplistes.

Notre pays traverse une crise profonde, à la fois sociale, politique et démocratique. Nous ne la surmonterons pas en opposant la paix à la justice sociale, ni en réduisant cette crise à une seule question de sécurité. 

Il faut protéger nos concitoyens et soutenir celles et ceux qui assurent leur sécurité et leur secours. Il faut aussi répondre aux difficultés du quotidien, défendre les services publics, permettre à chacune et chacun de vivre dignement de son travail et offrir des perspectives à notre jeunesse.

Et surtout, il faut retrouver le chemin du dialogue et engager une véritable refondation démocratique. Une démocratie dans laquelle la parole des citoyens compte réellement, dans laquelle les mobilisations sont entendues et dans laquelle les décisions publiques répondent aux besoins de la population.

“Refuser les violences sans condamner le mouvement social”

Comme maire de Nîmes, je sais combien la paix civile, la solidarité et la confiance sont précieuses. Elles se construisent chaque jour, dans nos quartiers, dans nos services publics, dans nos associations et dans les relations que nous entretenons les uns avec les autres.

Au-delà de nos différences politiques, nous avons une responsabilité commune : préserver ce qui nous unit et permettre à notre pays de retrouver un horizon partagé.

Refuser les violences sans condamner le mouvement social. Défendre la République sans renoncer à la justice. Garantir toutes les libertés. Retrouver la paix sans étouffer les légitimes colères.

Voilà l’exigence républicaine que nous devons porter ensemble.

Notre pays n’a pas besoin de davantage de peur et de divisions. Il a besoin de justice, de paix, de fraternité, de confiance et d’espoir.

C’est à cette responsabilité collective que je nous appelle aujourd’hui.

Je vous remercie."