Nîmes côté champs : la campagne à la ville

  • Environnement


Publié le 04 novembre 2026 Article

Par Mathieu Lagouanère


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Près de 450 ha de vignes sont cultivé sur le territoire de la commune de Nîmes.

L'Histoire de Nîmes, c'est aussi une histoire paysanne. Et si la ville, après des décennies de déprise et de bétonisation, renouait avec son riche passé agricole ? Les enjeux sont d'actualité : un patrimoine à préserver, une opportunité de développement et la lutte contre le dérèglement climatique.

Au nord, c’étaient les moutons. Les arbres fruitiers, aussi. Les garrigues désormais habitées conservent encore les traces de ces anciennes pratiques : masets, capitelles, murets de pierre sèche et terrasses. Et côté plaine ? Maraîchage et céréales le long du Vistre, vers le sud, arboriculture et viticulture tout autour, dès les premiers galets roulés du plateau des Costières. L’Histoire de Nîmes est aussi une histoire paysanne, depuis son origine ; les vitrines du Musée de la Romanité le disent bien, d’ailleurs.

Aujourd’hui, cette histoire ne se résume pas aux seules formes urbaines que sont les jardins partagés, les potagers pédagogiques ou les quelques rangées de vignes des Jardins de la Fontaine, aussi vivantes soient-elles. Une frange d’agriculture périurbaine s’est maintenue et 15 % du territoire communal reste dédié à l’activité agricole. Mais le secteur souffre : il e mploie m oins d e 7 00 personnes, soit une perte de 60 % de ses effectifs en 15 ans (Insee).

90

Le nombre d’exploitations agricoles qui ont leur siège
à Nîmes.


2410 ha

La surface agricole sur la commune (déclaration Pac 2024).


Longtemps, les paysages agricoles ont été considérés comme une réserve foncière, et la ville a grignoté une terre que l’on dit parmi les plus fertiles d’Europe, à un rythme parfois effréné. Création des grandes zones commerciales, multiplication des lotissements : entre 1980 et 2010, l’urbain a consommé en moyenne entre 40 et 50 ha d’Espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf) chaque année ! Une artificialisation problématique aussi en termes de sécurité, quand des sols désormais étanches viennent accélérer le ruissellement des eaux…

“Nîmes, ville pilote contre le réchauffement climatique”

Terminé. La loi Climat et Résilience impose aux collectivités de réduire de moitié le rythme de destruction de ces Enaf d’ici 2030, par rapport à la décennie précédente. Et, d’ici 2050, ce sera Zéro artificialisation nette (l’objectif Zan). La Ville ira plus loin.

“Non seulement nous n’allons plus consommer d’espaces de nature, mais nous allons en recréer, avec le grand plan de végétalisation, la désimperméabilisation des cours d’école… Nous voulons faire de Nîmes une ville pilote contre le réchauffement climatique", rappelle le Maire, Vincent Bouget. Dans le futur Plan local d’urbanisme (PLU) bientôt révisé, "le foncier agricole, lui, sera sacralisé”.

“C’est capital sur des enjeux actuels de souveraineté alimentaire ou de circuits courts, se réjouit la présidente de la Chambre d’agriculture du Gard, Magali Saumade. Mais aussi pour continuer à faire cohabiter deux mondes qui ont tendance à s’éloigner, à les faire se rencontrer, discuter. D’où l’importance des actions que nous menons avec la Ville et l’Agglo, comme les Journées méditerranéennes des saveurs, la fête de la transhumance ou la Journée pastorale du domaine de Vallongue, auprès des enfants.”