Mas-de-Mingue à Nîmes : la crèche Les Grillons va devenir Miriam Makeba
-
Jeunesse / Education
-
Crèches
Miriam Makeba
© Guy Le Querrec Magnum Photos
Le conseil municipal de ce lundi 28 septembre doit approuver la nouvelle dénomination de la crèche du Mas-de-Mingue. Choisie à l’issue d’une concertation avec les familles, elle rend hommage à Miriam Makeba, grande voix sud-africaine de la lutte contre l’apartheid et de la paix.
La crèche Les Grillons va changer de nom. Crèche située dans le quartier du Mas-de-Mingue, l'établissement s'appellera “Miriam Makeba”. Une nouvelle identité construite avec les familles. Trois personnalités leur ont été proposées, Madeleine Riffaud (1924-2024), résistante, journaliste et poétesse ; Frida Kahlo (1907-1954), artiste peintre ; et Miriam Makeba (1932-2008), chanteuse. Au terme d’une concertation ponctuée d’ateliers avec les familles, c’est le nom de Miriam Makeba qui a été retenu.
Les propositions données aux familles.
Qui est Miriam Makeba ?
Ce choix n’est pas anodin. Chanteuse mondialement connue, Miriam Makeba a aussi consacré une grande partie de sa vie à combattre l’apartheid et les discriminations. Née le 4 mars 1932 à Johannesburg, elle commence à chanter dans les années 1950 avec les Manhattan Brothers puis les Skylarks. Son apparition dans le film Come Back, Africa, en 1959, contribue à faire connaître à l’étranger la réalité de l’apartheid. Sa carrière internationale prend alors son essor, notamment aux États-Unis, où elle rencontre Harry Belafonte. Son titre Pata Pata deviendra un succès mondial.
Mais sa voix est aussi devenue une arme contre le régime sud-africain. En 1960, alors qu'elle se touve à l'étranger, son passeport est révoqué et elle ne peut plus rentrer dans son pays. Elle vivra 31 ans en exil.
En 1963, elle témoigne devant le Comité spécial des Nations unies contre l'apartheid. Elle revient à l'ONU le 9 mars 1964, cette fois devant l'Assemblée générale, pour dénoncer l'apartheid. Son engagement lui vaut d'être privée de sa citoyenneté sud-africaine, tandis que ses chansons sont interdites dans son pays.
"Donner à une crèche le nom de Miriam Makeba, c'est offrir aux enfants un modèle de courage, de joie et de partage. C'est aussi rappeler que la musique peut réunir, faire évoluer les consciences et inviter à construire un monde plus juste, plus solidaire et plus fraternel."
Une des voix internationales de la lutte contre l’apartheid
Surnommée “Mama Africa”, Miriam Makeba devient ainsi l’une des voix internationales de la lutte contre l’apartheid. Son parcours est aussi lié à celui de Nelson Mandela. Après la libération de Mandela en 1990, celui-ci l’encourage à rentrer en Afrique du Sud. Elle retrouve son pays en juin de la même année, après trois décennies d’exil. Elle poursuivra ensuite son engagement humanitaire et en faveur de la paix.
Miriam Makeba meurt le 9 novembre 2008, à l’âge de 76 ans, en Italie. Ce soir-là, elle participe à un concert à Castel Volturno, près de Naples, organisé en soutien à l’écrivain et journaliste Roberto Saviano, menacé pour son travail sur la Camorra. Après avoir interprété Pata Pata, elle est victime d’un malaise cardiaque. Transportée à l’hôpital, elle ne peut être réanimée.
Donner son nom à une crèche c’est donc transmettre l'idée défense des droits humains et porter un message de paix. Une référence qui trouve sa place dans un équipement dédié aux tout-petits, à l’éveil, à l’ouverture et au vivre-ensemble.
UNE CRÈCHE AGRANDIE
Fermée en juillet 2025 dans le cadre du renouvellement urbain, la crèche rouvre au printemps dernier au 1412 route de Courbessac, à proximité de son ancien emplacement. Agrandie, elle offre désormais 50 places, contre 20 auparavant, et accueille déjà 30 enfants. Installée en entrée de quartier, sur le tracé du Trambus, elle a été pensée pour favoriser l’accessibilité et la mixité sociale. Sa gestion est assurée par l’association Samuel-Vincent, dans le cadre d’une délégation de service public. Elle bénéficie également du label AVIP (À vocation d’insertion professionnelle).