Gustave Kervern : "Nîmes me rappelle mon adolescence"

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Publié le 03 juillet 2026 Article

Par Yann Benoit


Réalisateur, scénariste et comédien, Gustave Kervern est le parrain de la sixième édition du festival Une salle sous les étoiles à Nîmes. Il sera présent ce samedi 4 juillet au Fort Vauban pour présenter le film Cigarette et chocolat chaud. Rencontre. 

Vous parrainez l’édition 2026 du festival Une salle sous les étoiles à Nîmes. Pourquoi avoir accepté l’invitation ? 

Cela fait longtemps que je n'ai pas vu Sophie Reine, la réalisatrice de Cigarette et chocolat chaud, qu’on présentera le 4 juillet. J’étais très content de faire son premier film et je garde un excellent souvenir du tournage, donc c’est l’occasion de se retrouver. Grégoire Sivan, organisateur de l'événement, est un pote de Sophie et elle m'a dit que c'était un festival très sympa. Je me suis dit : j'aime bien le sud, j’aime bien le film, donc pourquoi pas ? Cela fait plein de bonnes raisons. 

Avez-vous un attachement particulier à la ville de Nîmes et sa région ?

Je connais un peu Nîmes, je suis venu quelque fois. Plus jeune, j’ai effectué un stage chez Cacharel et j'ai aussi fait un reportage ici pour l’émission “Le plein de super” sur Canal +. J’ai également participé à beaucoup de Ferias. J’y ai déambulé mais surtout tard le soir et un peu embrouillé. J’aime bien Nîmes, c’est une ville hyper belle et elle me rappelle mon adolescence. Il y a quelque chose de nostalgique. J’ai hâte de découvrir l’enceinte du Fort Vauban, on m’a dit que c’était un lieu chargé d’Histoire. Après une Salle sous les étoiles, dans la foulée, je file au festival d’Avignon passer quelques jours et découvrir des pièces. Un beau programme. 

“Je revendique tout ce qui est petit, simple et nature.”

Vous êtes un habitué de Cannes, des Césars ou encore des festivals de cinéma prestigieux. Le festival Une Salle sous les étoiles est plus petit, plus confidentiel et convivial. Est-ce important d’accompagner ce genre d’événements ? 

Bien sûr ! Comme c’est important de faire vivre les petits cinémas en France. On a la chance d'avoir un important réseau de salles encore en activités, on sait que c’est difficile pour elles de survivre donc c'est toujours bien quand on les aide. Quand on vient, cela attire du monde. A notre échelle, on essaie de faire revenir les gens au cinéma. C’est la même chose pour les petits festivals associatifs, qui sont en général hyper attachants. Je revendique tout ce qui est petit, simple et nature.

Dans Cigarette et chocolat chaud, vous jouez Denis, un père marginal qui élève seul ses deux filles. Ce rôle colle à l’image anticonformiste dans laquelle on vous a déjà vu... Est-ce quelque chose que vous entretenez ou au contraire dont vous aimeriez vous défaire ? 

Cela ne me dérange pas d’être un peu anticonformiste, je trouve cela plutôt sain et même obligatoire. Faire des rôles qui me ressemblent, c’est naturel même si j’accepte toute sorte de propositions. Je ne suis pas vraiment catalogué dans un rôle, à part peut-être des rôles de gentils. J'ai l’impression que j’inspire la sympathie.

Récemment, j’ai joué un rôle de méchant dans La Vénus électrique de Pierre Salvadori. Je suis capable de tout faire même si c’est compliqué de se défaire des étiquettes. Moi-même, en tant que réalisateur, quand je fais mes castings j’ai tendance à mettre les gens que je connais dans des rôles précis. J’ai conscience que c’est une erreur, mais j’essaie de lutter contre cela pour donner des contre-emplois aux acteurs. Ce n’est pas si évident.

Vous travaillez actuellement sur la réalisation du film Voilà, c’est fini, qui sortira en 2027. Ce long-métrage a pour décors l’île Maurice. Tourner un film là-bas, c’était particulier pour vous…

Oui, je suis né à l'île Maurice, j'y ai toute ma famille. Mes ancêtres sont partis en 1774 de Brest pour s’y établir. Je suis Breton mais je suis vraiment Mauricien. Faire un film là-bas, c'était un rêve absolu donc j’ai écrit cette histoire. Je ne voulais pas faire une comédie, c'est plutôt dramatique. Je suis vraiment très heureux du film. Je pense qu’il va parler à tout le monde. C’est un constat du monde actuel, un monde qui s'étiole. C’est important de regarder cela droit dans les yeux. C’est aussi, et je l’espère, un très beau film. Léa Drucker dit que c'est "un poème radical". J'aime bien.

Le grand public vous connait notamment pour votre participation à Groland sur Canal +. Avez-vous l’impression que l’esprit transgressif de l’émission perdure ? 

Je suis un peu sceptique sur l'utilisation de l'humour noir… On a bâti notre émission sur ça et c’est un humour un peu particulier. Je ne vois pas trop de relève dans ce domaine-là, même s’il y en a certains humoristes qui émergent. Ce qui me fait le plus mal, c'est de savoir qu’une fois que Groland sera fini, il n'y aura plus aucune émission d'humour régulière à la télévision et encore moins d'humour noir. C'est quand même étonnant et préoccupant.

En savoir plus

Festival Une Salle sous les étoiles, chaque soir du 3 au 11 juillet
Sur le site Vauban, 5 rue du Docteur Georges-Salan

Tarifs : 

  • 6€ : Village + Spectacle (tarif réduit 4€)
  • 9€ : Village + Spectacle + Film (tarif réduit 6€)
  • 30€ : Pass 5 soirées ciné/spectacle
  • 55 € : Pass 8 soirées ciné/spectacle

Ouverture des portes à 18h30
Spectacle / concert à 20h 
Projection à 22h (à la tombée de la nuit)
Tous les films sont projetés en VOST

unesallesouslesetoiles.fr