Da storm : deux décennies de hip-hop à Nîmes
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Tout simplement Hiphop
Le rappeur Youssoupha sur la scène de l'Odéon en 2009.
Du 29 septembre au 11 octobre, Tout simplement hip-hop célèbre sa 20e édition avec une programmation à la hauteur de l’événement. Retour sur les moments marquants du festival.
Le rap a aujourd’hui plus de 50 ans et Tout simplement hip-hop en célèbre 20. Le festival, porté par l’association Da storm, a su évoluer et traverser les époques. Depuis sa création en 2007, il défend une même ambition : faire découvrir, transmettre et célébrer le hip-hop dans toute sa diversité, en mettant à l'honneur aussi bien ses pionniers que les artistes de demain. Après 20 éditions, la machine est maintenant bien rodée.
En 2026, une semaine est consacrée à la danse, du 29 septembre au 4 octobre, et la suivante au rap, du 5 au 11 octobre. Concerts, projections, exposition, ateliers et rencontres viennent rythmer la programmation.
Programmation 2026 : les temps forts
- Vernissage de l’exposition rétrospective des 20 ans du festival, mardi 29 septembre à 12h à l’Office de tourisme (gratuit).
- Plateau radio Raje et showcase de Najwa, mardi 29 septembre à 20h à l'Annaba (gratuit).
- Projection du film “Dans la peau” avec le réalisateur Pascal Tessaud et démonstrations de danse, jeudi 1er octobre à 20h30 au Sémaphore.
- Dj Djel de la Fonky Family, vendredi 2 octobre à 19h à Mauvais Quartier (gratuit).
- Dj Kheops d'IAM, samedi 3 octobre à 19h à Mauvais Quartier (gratuit).
- Week-end "Break the rim" avec battles de danse hip-hop et tournois de basket 3 vs 3, samedi 3 et dimanche 4 octobre à partir de 10h sur l’Esplanade (gratuit).
- Projection du film “Wu Tang Experience” avec la journaliste Olivier N'Guessan, mardi 6 octobre à 20h30 au Sémaphore.
- Open mic et concert, finale du tremplin End of the weak France, vendredi 9 octobre à 19h à Paloma (gratuit).
- Table ronde animée par Raphael Da Cruz et avec Busta Flex sur la saga de Busta Rhymes et Flipmode Squad, samedi 10 octobre à 16h au Théâtre de Nîmes (gratuit).
- Concert du Rat Luciano et de Rah Digga, samedi 10 octobre à Paloma (billetterie : paloma-nimes.fr).
La première édition en 2007
“Pour la première de Tout simplement hip-hop, on a rassemblé beaucoup de rappeurs locaux au Cabaret Mistinguette sur la route d’Avignon, se souvient Dj Seth allias Sébastien Patin, co-créateur de l’association Da storm. On a fait ça à la débrouille. 20 ans plus tard on revient juste en face ce lieu, cette fois à Paloma : tout un symbole !” Ce soir d’octobre 2007, le groupe Section NA du Chemin-bas d’Avignon partage l’affiche avec le rappeur Médine, qui débute sa carrière. “C’est un fidèle du festival. Avec le temps, on a lié des liens d’amitié très forts, précise Ghislain Nouguier, coordinateur de Da storm. Il est revenu à Nîmes une dizaine de fois depuis.” Cette première édition est aussi marquée par la présence de Kheops dans la programmation, DJ du groupe marseillais IAM, de retour à Nîmes en 2026 pour le festival Tout simplement hip-hop.
“On est l’un des seuls festivals associatifs, hip-hop et pluridisciplinaire encore existant en France.”
En 2000, Carré d’art accueille la première exposition consacrée à la culture hip-hop sur le Mur Foster. Freeman, fondateur du groupe IAM, apprécie.
L’Odéon : théâtre de soirées mémorables
Au début des années 2000 et avant l’arrivée de Paloma, Nîmes ne dispose pas de salle de concert à proprement parlé. “Il fallait que l’on trouve des lieux et souvent c’était des espaces qui n’étaient pas adaptés", se souvient Ghislain Nouguier. Da storm pose ses valises à l’Odéon, avec des plateaux qui rassemblent des pointures du rap US et FR, une première à Nîmes : Médine en 2007 (encore lui), Youssoupha en 2009, Rahzel du groupe The Roots en 2010 ou encore Reakwon du Wu-Tang Clan en 2011.
"Pendant le concert, j’ai pris du recul et je me suis dit : le mec que j’écoutais dans ma chambre étant jeune est là, on l’a fait venir à Nîmes", se rappelle Sébastien Patin. Accueillir des légendes du rap américain à Nîmes est forcément source d’anecdotes croustillantes. "Le lendemain de son concert, Rahzel est venu au battle de danse et a fait un show beat box surprise. Reakwon, quant à lui, avait demandé un Hummer pour se déplacer. Finalement il a eu une Renault Megane avec le siège bébé à l’arrière”, s’amuse Ghislain Nouguier.
Break dance et graffitis
Après deux ans d’absence, le battle de break dance “Only Bboying” est de retour pendant le festival, les 3 et 4 octobre sur l’Esplanade. Organisée par Da storm depuis 2007, la compétition rassemble 16 équipes de deux danseurs professionnels, tous de niveau européen. “La France est une grande nation de la danse hip-hop, assure Sébastien Patin. A Nîmes en 2011, on a eu le plaisir d’accueillir les coréens d’Extreme Crew, une référence du Bboying."
Côté graffiti, Nîmes n’est pas berne. Il suffit de visionner le documentaire “Michel Brandade et graffiti” pour s’en rendre compte. Réalisé par Gecko Ciocca en 2020, il est présenté lors du festival en avant-première. Il retrace l’histoire du graffiti à Nîmes, du début des années 1990 à aujourd’hui. Le film est toujours visible sur la page YouTube de Da storm. "L’idée c’était de laisser une trace. Il y a beaucoup de talents à Nîmes. On peut évidemment citer le crew TPA, qui a fêté ses 25 ans en 2023", ajoute Ghislain Nouguier. Tout simplement hip-hop a également accueilli des pionniers de la discipline comme Revok et Lava One, qui a commencé à graffer en 1972 à New-York.
Graffiti et danse à l'Orloj en 2009. "Le service Jeunesse de la Ville a été notre premier partenaire", assure Sébastien Patin.