A Nîmes, un hommage émouvant aux résistants Jean Robert et Vincent Faïta
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Vie municipale
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Hommage
Le Maire de Nîmes Vincent Bouget, Sabine Oromi et Sylvette Fayet, respectivement Adjointes à la Jeunesse et aux Tauromachies, ont déposé une gerbe au pied de la plaque commémorative.
Mercredi 22 avril, 83 ans après l’exécution des deux résistants communistes, une cérémonie s'est tenue devant le palais de justice de Nîmes, où ils ont été guillotinés. L'occasion, comme l'a souligné le Maire Vincent Bouget, de rappeler “l'actualité de leur combat contre l'extrême-droite”.
C'est une date et un événement qui, ces dernières années, ne se voyaient pas offrir une cérémonie à la hauteur de leur portée et de leur importance. Mercredi 22 avril, à l'initiative du Maire de Nîmes Vincent Bouget et de la nouvelle municipalité, un hommage a été rendu à Jean Robert et Vincent Faïta, deux jeunes résistants communistes tués 83 ans plus tôt après une parodie de procès, "par ordre d'un gouvernement français au service de l'occupant nazi".
Le 22 avril 1943, Jean Robert, 25 ans, et Vinicio (Vincent) Faïta, 24 ans, auteurs d'actes de bravoure sous l’Occupation nazie, condamnés à mort par la section spéciale de la cour d'Appel de Nîmes le 29 mars précédent, sont guillotinés dans la cour de la maison d'arrêt : l'un et l'autre affrontent la mort non sans avoir, avant de monter à l'échafaud; chanté La Marseillaise et crié l'un "Vive la France" et l'autre "Vive le parti communiste". Une plaque commémorative rappelle, face aux arènes, sur les murs du palais de justice, ce triste épisode qui a marqué l'Histoire de Nîmes.
"Pleurer les morts, mais aussi interpeller les vivants"
Jean-Paul Boré, président des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD30) et de l’Unac (Union nationale des anciens combattants), a pris la parole le premier, pour retracer la biographie et le parcours des deux héros reconnus “morts pour la France”.
Remerciant la Ville pour avoir “enfin” organisé cette véritable cérémonie d'hommage, il a rappelé que celle-ci, “en 2026, prenait un sens nouveau”. “Il ne s'agit pas seulement de pleurer les morts, mais aussi d'interpeller les vivants, a-t-il lancé. Face à la haine qui tente à nouveau de s'immiscer, il n'y a pas d'alternative à la paix.” L'occasion, pour ce militant du devoir de mémoire, de saluer la décision du nouveau Maire de créer une délégation à la Paix au sein de son conseil municipal.
Les plaques commémoratives, en hommage aux deux héros Vincent Faïta et Jean Robert et au bâtonnier Charles Bedos, déporté pour avoir assuré leur défense.
Après l'émouvante lecture des lettres d'adieu des deux condamnés par une jeune militante communiste et celle d'un poème sur la paix de Jean-Pierre Siméon par Josiane Faïta, la nièce de Vincent, et avant les dépôts de gerbe et que ne résonnent la Marseillaise et le Chant des partisans, Vincent Bouget n'a pas caché sa “très grande émotion”.
“Il était essentiel pour moi de m'exprimer, tant cette commémoration a, à mes yeux, une signification politique majeure et, à titre personnel, une grande importance au vu de mon histoire politique et familiale, a souligné le Maire de Nîmes, en introduction de son discours, lors duquel il a salué la mémoire et l'engagement de Jean Robert et Vincent Faïta. Je souhaite que cette cérémonie redevienne un moment important du calendrier mémoriel de la Ville, alors qu'elle avat manquée être supprimée par la précédente municipalité."
“Se souvenir de cette histoire, a-t-il poursuivi, c'est aujourd'hui encore affirmer le caractère prioritaire de la lutte contre l'extrême-droite, partout dans le monde, à l'heure où des résurgences des pulsions racistes, guerrières et autoritaires.”