"A la Table de Marianne !" : revivez le grand banquet républicain de Nîmes en images
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Événement
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Festivités
De grandes tables ont été installées dans le bas des Jardins de la Fontaine. Les familles s'y sont installées pour partager leur repas tiré du sac et profiter des spectacles. Photos Gilles Lefrancq
Plus de 3000 personnes ont participé ce lundi 13 juillet, dans le cadre exceptionnel des Jardins de la Fontaine, à la première édition de cet événement festif et fédérateur, créé par la nouvelle municipalité, à la veille de la Fête nationale. Un vrai bon moment.
Bon sang que ça fait du bien ! Ce lundi 13 juillet, sur les coups de 22 heures, au terme d'une ultime farandole enjouée et débridée jusque sur les tables, ce sont des sourires par centaines qui quittent ensemble l'écrin enchanteur des Jardins de la Fontaine de Nîmes. "A la Table de Marianne !", l'événement imaginé par le Maire Vincent Bouget et la nouvelle équipe municipale, fidèle à son intention de réunir une ville parfois désunie et d'y recréer des grands moments de convivialité, vient de s'achever. Une soirée de fête, d'art et de partage, dans le cadre des célébrations du 14-Juillet, qui a mis du baume au cœur des plus de 3000 participants à cette première édition. Récit.
"A la Table de Marianne !" : l'événement en images. Vidéo : Théo Levy-Kolpak
18 heures. Ouverture des grilles. Les convives, glacière en bandoulière ou panier sous le bras, sont accueillis par des Gavroches acrobates et des Mariannes comédiennes (au nombre de sept, au total : chanteuses ou clowns), qui leur remettent ou collectent les cocardes tricolores sur lesquelles chacun est invité à rédiger un vœu ou un message pour la République - ou pour le Maire, à qui elles ont toutes été remises à l'issue de la soirée. Des cocardes qui viennent peu à peu habiller les guirlandes bleu-blanc-rouge qui traversent, çà et là, les allées du site.
Surprise : sur l'eau des bassins, les comédiens de la compagnie Ilotopie interpellent les arrivants depuis leurs petits îlots flottants : c'est la première incursion des arts de la rue dans une soirée qui en est animée tout du long.
Familles et amis prennent place autour des loooooongues tables mis à disposition dans les allées centrales ou s'installent dans l'herbe, sur des nappes blanches fournies à l'entrée.
19 heures. Le public est invité à se déployer et à flâner à travers les allées, les bosquets et les bassins des jardins. Là, à la verticale du bassin central, une Marianne funambule (Tatiana-Mosio Bongonga, de la compagnie Basinga) effectue la spectaculaire et aérienne démonstration que sans les autres, en l'occurrence les membres de son équipe qui soutiennent son fil, pas grand-chose n'est pas possible.
"La simplicité d'un repas partagé sur l'herbe et la démesure des arts de la rue"
Ici, des gavroches acrobates, perchés au sommet d'un mât chinois (Pierre-Maël Gourvennec) ou catapultés et tournoyant dans les airs depuis une bascule au sol. Un peu plus loin, une vision à la fois saisissante et poétique : trois autres Marianne (de la compagnie arlésienne Gratte-ciel) se balancent au sommet de mâts oscillants, portées par un souffle imperceptible.
Au détour des chemins, les codes de la République s’animent et prennent vie sous une forme inattendue. Pari réussi pour le directeur artistique de l'événement Laurent Kilani et toute l'équipe du Spot autour de lui. “Visuellement, le projet était de jouer sur un contraste permanent entre la simplicité d'un repas partagé sur l'herbe et la démesure des arts de la rue, explique-t-il. On a cherché à offrir une parenthèse créative pour penser la France ensemble, sans tension, et se rappeler que ces valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité sont une lumière au regard des yeux que porte le monde entier sur notre République française.”
20 heures. À table ! C'est l'heure de l'immense repas partagé. On sort les plats, on partage les recettes, on goûte la spécialité du voisin. C'est aussi le moment fort des prises de parole. Pas celles souvent rébarbatives des élus et des officiels, non, celles délirantes ou revendicatives de Mariannes qui s’adressent tour à tour aux convives, à la ville, à Monsieur le Maire et à la République elle-même. Non mais !
Dans la tradition des crieurs d'antan, le Crieur public récolte ensuite les messages, annonces ou coups de gueule des convives. Avec Arthur Ribo, “maître parolier et poète urbain”, spécialiste de l'impro, ils offrent un moment d'éloquence populaire, mêlant humour et sujets de fond, autour des valeurs de vivre ensemble et d'inclusivité. “La République est plurielle, vivante, incarnée différemment selon les individus et les territoires”, rappelle Laurent Kilani. Lois Hammel, chanteur, rappeur, beat-boxer et guitariste, se charge de l'ambiance musicale.
21 heures. La lumière baisse sur les Jardins de la Fontaine. Place à la jeunesse pour aborder le final. Sur la table centrale, Mariami, jeune chanteuse venue de Géorgie installée à Nîmes raconte son émouvant parcours avant de chanter et de danser avec les convives. L'Arlésien Arthur Kamoun livre une version habitée du Imagine de Lennon ; si c'est un rêveur, il n'est pas le seul. L’ensemble des Mariannes et Gavroches de la soirée, petit à petit, les rejoignent afin de lancer la fraternelle farandole déjà dite. Dernières notes de musique.
22 heures. Les grilles se ferment derrière des participants heureux d'avoir vécu ce moment de partage créatif et d'avoir pensé la République ensemble, sans tension. Une parenthèse enchantée. Bon sang, que ça fait du bien.
Une ultime farandole, avant de quitter ensemble les lieux.